Lev Chernyi, “The Three Types of Human Relations” (1923)

L’anarchisme associationniste

Les trois types des relations humaines

Le premier problème de la sociométrie consiste à réduire les multiples relations humaines aux quelques types existants. Essayons de résoudre ce problème.

Soit que nous remontions le passé avec notre conscience, soit que nous nous efforcions de la projeter dans le plus lointain avenir, nous ne pourrons jamais rencontrer que trois types de relations possibles entre les hommes, peu importe le nom qu’on leur donne ni de quelle façon qu’on les considère.

Ces relations peuvent être les suivante:

1° Quand un homme se trouve à l’égard d’un autre dans un état de subordination. Dans ce cas, il sera politiquement et moralement annihilé : toutes ses facultés appartiennent à l’autre.

2° Quand un homme se trouve à l’égard d’un autre dans la situation d’un maitre. Dans ce cas, il se considérera le propriétaire de toutes les activités de cet autre.

3° Quand un individu est en relation avec un autre de telle façon qu’il apprécie la personnalité de cet autre comme si c’était la sienne propre.

On ne peut admettre la possibilité d’un autre type de relation. Vous pourrez vous torturer le cerveau autant que vous voudrez, le quatrième type n’apparaitra pas. Malgré la simplicité de cette conception, elle ne impose que difficilement dans l’esprit des hommes.

La majorité ne peut guère admettre que l’existence de deux extrêmes : maitres et esclaves. La mentalité ordinaire méconnaît le troisième type de relations ; il a fallu la pensée gigantesque d’un Proudhon pour nous l’expliquer bien clairement,

Pour difficile que soit de découvrir cette troisième idée de relations, ce n’est pas la plus grande difficulté. Ce qui est difficile, c’est de trouver des exemples vivants qui nous permettent de distinguer les trois situations.

— Léon Tchorny.

Associationist Anarchism

The Three Types of Human Relations

The first problem of sociometry consists of reducing the multiple forms of human relations to a few existing types. Let’s try to resolve this problem.

Whether we go back into the past with our consciousness, or try to project it in the farthest future, we only meet three types of possible relationships between men, regardless of the names we give them or manners in which we consider them.

These relations can be the following:

1° When one man finds himself in a state of subordination to another. In this case, he will be politically and morally annihilated: all his faculties belong to the other.

2° When one man finds himself the master of another. In this case, he will consider himself the proprietor of all the activites of that other.

3° When one individual is in a relation with another in such a manner that he appreciates the personality of that other as if it was his own.

We cannot accept the possibility of any other type of relation. You can torture your brain as much as you like, but the fourth type will not appear. Despite the simplicity of this conception, it is only with difficulty that it establishes itself in the minds of men.

The majority can hardly accept the existence of anything but the two extremes: masters and slaves. The average mentality has no knowledge of the third type of relations; it required the gigantic intellect of a Proudhon to explain it to us very clearly.

As difficult as it is to discover this third idea of relations, it is not the greatest difficulty. What is [really] difficult is to find living examples that allow us to distinguish the three situations.

— Léon Tchorny.

Léon Tchorny [Lev Chernyi], “The Three Types of Human Relations,” L’En dehors 7 no. 132 (mi-Avril 1928): 3.

[Working translation, by Shawn P. Wilbur, of a French translation of an excerpt from Novoe napravlenie v anarkhizme: assotsiatsionnyi anarkhizm]

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