poetry
E. Armand, “Le Vase / The Vase” (1927)
LE VASE La fleur n’existe plus, mais il reste le vase, Le vase dont les flancs l’ont toute contenue Quand elle frissonnait, fraiche cueillie, émue Et que son parfum dans l’air distillait l’extase. Comme on aime à revoir les lieux où l’on souffrit: Un sous-bois, un ruisseau, une vieille maison ; Comme il suffit d’un mot, d’une couleur, d’un son Pour que tout le passé remonte en votre esprit Ainsi pour que revive un instant la fleur morte, C’est assez pour mes yeux de contempler le vase. Des préjugés anciens ayant fait table rase Vous pouvez me railler, ô cœurs […]