Theory of Property (Ms. 2846) pages 3-6

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Chapitre VII.

Garantisme.—Théorie de la propriété.

Que le citoyen, être libre et concret, fait a l’image de l’État, doit avoir, avec la possession de sa personne, autorité sur les choses, à peine d’être destitué de toutes garanties.—Préjuges défavorable à l’absolutisme.—Différentes manières de posséder la terre : en communauté, en féodalité, en souveraineté ou propriété. Examen des deux premières modes : rejet.—Opinions des juristes sur l’origine et le principe de la propriété : réfutation de ces opinions.—Théorie nouvelle : que les motifs, par suite la légitimité de la propriété doivent être cherché non dans son principe ou son origine, mais dans ses fins. Exposé de ce motifs : 1° Nécessité, après avoir organisé l’État, de crée à l’État un contrepoids dans la liberté de chaque citoyen; caractère fédéraliste et républicain de la propriété ; observations sur la cens électoral et la confiscation.—2° Abstention de toute loi réglementaire en ce qui concerne la possession, la production, la circulation, et la consommation des choses : analogies de l’amour et de l’art ; mobilisation de l’immeuble.—3° Concurrence, équilibre et moralisation des égoïsmes ; caractère de vrai propriétaire ; grandeur du problème social : condition organique de la propriété ;—comment et pourquoi elle est dite absolu.—Conservation de l’égoïsme propriétaire par la raison collective : maximes de cette raison ; nivellement progressif des conditions et des formes ; loi des approximations sociales.—Coup d’œil historique sur la propriété : causes de ses incertitudes, de ses variations, de ses abus et de ses déchéances ; elle n’a jamais, nul part, existé dans la vérité et la plénitude, conformément au [4 (166)] vœu social, et avec un parfait intelligence d’elle-même.—Esprit de socialisme : justification de l’auteur et de sa critique.—Un mot aux Polonais.

Jetons un regard sur la route que nous avons parcourue. Après avoir posé nos deux grands principes, de l’immanence de la justice et des idées dans l’humanité (ch. Ier), et du réalisme de l’État (ch. II), nous avons tracé le règle de la géographie politique (ch. III) ; de la géographie nous avons passé à l’ethnographie (ch. IV) ; de l’ethnographie a l’organisation du corps Social, et conséquemment au forme de la Raison collective (ch. V) ; des considérations sur la Raison collective nous nous sommes élevé enfin, jusqu’aux lois de la conscience universelle, qui sont celles du progrès. Nous sommes arrivé ainsi, par cette question suprême des mœurs et des transformations sociales, jusqu’aux confins du monde spirituel. Un pas de plus, et nous courrons le risque de tomber de la réalité où nous sommes resté jusqu’à présent, dans le mysticisme. Il est temps de terminer notre ascension, et, comme nous sommes monté de la matière à l’esprit, de redescendre de l’esprit vers la matière, ce que nous allons faire, non par revenant sur nos pas, mais en achevant notre courbé, c’est-à-dire en poursuivant notre chemin.

Une de nos maximes est que le citoyen doit être fait à l’image de l’État, l’homme donné par la nature répété sur le type de la Société, Verbe vivant and véritable. C’est par là que l’individu acquerra ce dont la nature ne lui a donné que l’ombre, la liberté, l’autonomie, et que devienne la personnification du droit, et pourra se séparer de magistrature et de gouvernement.

Mais ce n’est pas seulement par l’Intelligence et par la justice, ce n’est pas seulement par la Raison théorétique et pratique que le citoyen doit être a l’instar de l’État. [5] S’il en était ainsi la qualité civique se réduirait à une pure idéalité. La République humanitaire n’aurait d’existence que dans l’imagination, dans le rêve de la conscience ; l’État seul, ayant pied sur le sol, roi du temporel, possèderait les choses et pouvait dire : Je suis la nation, privée de corps, sans autorité sur la matière, serait en l’air, perdue dans le vague de sa spiritualité. Il n’y a pas, il ne peut pas y avoir ici, comme dans l’apocalypse, deux Jérusalems, l’une sur la terre, l’autre dans le ciel : les deux ne font qu’une, et il s’agit d’établir leur identité. Il faut donc que le citoyen, déclaré libre et inviolable, en pleine possession de lui-même par l’éducation, ayant l’autocratie de ses travaux, de les opinions, de les désirs, de ses conceptions, de ses volontés, comme de sa personne, appelé à résister au besoin, aux tendances despotiques de l’État, et à réagie contre l’entrainement et l’incursion de ses semblables, doit de plus constitué, comme l’État, en souveraineté sur les choses ; que son moi, s’appuyant sure le monde extérieur, s’y créé une position, un domaine, faute de quoi la liberté, somme une force qui aurait fait explosion dans le vide, resterait sans efficace et retomberait à néant.

Or, conférer au citoyen puissance et juridiction sur les choses, lui assigner une possession, un territoire le faire ainsi chef d’un état dans l’état, c’est ce que j’appelle fermer le cercle politique, et finir juste par où nous avons commencé. Ce n’est pas en effet par le sol que commence pour l’individu la vie politique, comme nous avons vu précédemment l’État politique sortir de sa vallée embryonnaire. C’est par la possession du sol, au contraire, par le domaine éminent qui lui est accordé sur une portion du territoire que s’achève le citoyen, et que se commence la dignité. Ainsi le citoyen devient le semblable, que dis-je ? l’égal, le rival de l’État. Il est lui-même l’État tout entier, réduit à son expression la plus simple, et à son étendue la plus minime. [6] Ainsi s’accomplit dans le monde social l’union de la matière et de l’esprit : phénomène inexplicable dans le monde de la nature, où l’opération créatrice s’effective, sans que nous puissions en surprendre le commencement ; où les synthèses nous sont données toutes faites, sans que nous puissions les résoudre.

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Chapter VII.

Guarantism.—Theory of Property.

That the citizen, a free and concrete being, made in the image of the State, must have, along with the possession of their person, authority over things, or risk being deprived of all guarantees.—Prejudices unfavorable to absolutism.—Different manners of possessing the land: in community, in feudalism, in sovereignty or property. Examination of the first two modes: rejection.—Opinions of the jurists concerning the origin and principle of property: refutation of these opinions.—New Theory: that the reasons for property, and thus for its legitimacy, must not be sought in its principle or origins, but in its aims. Account of these aims: 1 Necessity, after having organized the State, of creating a counterweight to the State in the liberty of each citizen; federalist and republican character of property; observations on the poll tax and confiscation.—2 Abstention from any law regulating the possession, production, circulation, and consumption of things: analogies with love and art; mobilization of real property.—3 Competition, equalization and moralization of selfishness; character of the true proprietor; scale of the social problem: organic condition of property;—how and why it is said to be absolute.—Preservation of proprietary egoism through the collective reason: maxims of that reason; progressive leveling of conditions and forms; law of social approximations.—Historical look at property: causes of its uncertainties, its variations, its abuses and failures; it has never, anywhere, existed in truth and fullness, in accordance with the [4] wishes of society, and with a perfect understanding of itself.—Spirit of socialism: defense of the author and his critique.—A word to the Poles.

Let us look back over the road we have traveled. Having posed our two great principles, the immanence of justice and of ideas in humanity (Ch. I) and the realism of the State (Ch. II), we have indicated the rule of political geography (Ch. III); from geography we have passed to ethnography (Ch. IV); from ethnography to the organization of the Social Body, and consequently in the form of the Collective Reason (Ch. V); some considerations concerning the Collective Reason have raised us, finally, to the laws of the universal conscience, which are those of progress. Thus we have arrived, through that ultimate question of customs and social transformations, to the far reaches of the intellectual world. One step more, and we would run the risk of falling from the reality where we have remained thus far, into mysticism. It is time to end our ascent, and, as we have climbed from matter to mind, to descend once again from mind towards matter, which we will do, not by retracing our steps, but by completing our arc, by continuing on our path.

One of our maxims is that the citizen must be made in the image of the State, the man given by nature reproduced in the style of Society, true and living Word. It is only in this way that the individual will can acquire that liberty and autonomy of which only the shadow has been given to it by nature, become the personification of right and be able to separate itself from the magistracy and the government.

But it is not only through intelligence and justice, it is not only with theoretical and practical reason that the citizen must follow the example the State. [5] If this were the case, the civic quality would be reduced to a pure ideality. The humanitary republic would exist only in the imagination, in the dream of the conscience; the State alone, having its feet on the ground, king of the temporal realm, would possess things and could say: I am; the nation, deprived of a body, without authority over matter, would be up in the air, lost in its hazy other-worldliness. Here there is not, there cannot be, as in the Apocalypse, two Jerusalems, one on the earth and the other in the heavens: the two are only one, and it is a question of establishing their identity. So it is necessary that the citizen, declared free and inviolable, in full possession of himself though education, autocrat 0ver his labors, his opinions, his desires, his conceptions, his will, as well as over his person, called to resist, if necessary, the despotic tendencies of the State, and to react against the influences and incursions of his fellows, must furthermore be established, like the State, in sovereignty over things; that his self, relying on the external world, creates there a position, a domain, without which his liberty, like a force that had exploded in the void, would remain without efficacy and would fall back into nothingness.

Now, to confer on the citizen power and jurisdiction over things, to assign him a possession, a territory, to make him in this way the head of a state within the state, that is what I call closing the political circle, and ending just where we began. It is not, in fact, through the soil that the political life begins for the individual, as we have previously seen the political State set out from its embryonic valley. It is, on the contrary, though the possession of the soil, through the eminent domain that is granted to him over a portion of territory that the citizen is completed and dignity begins. Thus the citizen becomes the fellow, what am I saying?—the equal, the rival of the State. He is himself the entire State, reduced to its simplest expression, to its most minimal extent. [6] In this way the union of matter and mind is accomplished in the social world, a phenomenon inexplicable in the world of nature, where the creative operation is performed, without our being able to discover its beginning; where the syntheses are given to us ready-made, without our being able to resolve them.

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NOTE: The third page of the manuscript returns to the text of Pologne, Part I and the pagination continues from the end of Chapter VI. The summary provided many of the chapter and section title for the published version. The final section, “Un mot aux Polonais,” seems to be missing.

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Independent scholar, translator and archivist.