Sylvain Maréchal, “Corrective to the Revolution” (1793)

[ A translation in progress. ]

[Sylvain Maréchal: Pastoral Simplicity and Patriarchal Government (author page)]

CORRECTIF

A LA

REVOLUTION

CORRECTIVE

TO THE

REVOLUTION


Tous nos malheurs sont dûs la Société:
L’homme perdit ses droite à la félicité,
Du moment qu’il osa, d’une main criminelle ;
Substituer un code à la voix paternelle.

Sylvain Maréchale.

All our misfortunes are due to Society:
Man lost his right to happiness,
At the moment when he dared, with a criminal hand;
To substitute a code for the paternal voice.

Sylvain Maréchal.


CORRECTIF A LA RÉVOLUTION.

—–

A PARIS,

Chez les Directeurs de l’Imprimerie du Cercle Social rue du Théâtre-français.

1793,

L’an II de la République.

CORRECTIVE TO THE REVOLUTION.

—–

PARIS

Chez les Directeurs de l’Imprimerie du Cercle Social rue du Théâtre-français.

1793

Year II of the Republic.


SUJET DE L’OUVRAGE.

Examiner si une famille doit être mieux gouvernée et plus heureuse sous l’œil d’un père, que des milliers de familles sous le sceptre d’un seul homme ou les faisceaux de plusieurs.

SUBJECT OF THE WORK.

To examine whether a family should be happier and better governed under the eye of a father, than thousands of families under the scepter of one man alone or the fasces of several.


CORRECTIF A LA RÉVOLUTION.

No. I.

Trois sortes de despotisme pèsent tour-à-tour sur la tête des hommes rassemblés en société :

  • Le despotisme d’un seul,
  • Celui de plusieurs,
  • Celui de tous.

Le premier de ces trois jougs est le moins difficile à briser ; il ne faut que le vouloir : la fin tragique de César à Rome, de Charles Ier à Londres, de Louis XVI à Paris, en est la preuve.

Le despotisme de plusieurs n’est point inattaquable. Le peuple ne peut-il pas bien mettre un sénat la raison ? Le despotisme de tous place la société dans un état de violence, de déchirement qui ne peut durer, et reporte la nation vers le despotisme d’un seul ou celui de plusieurs.

La liberté ne se trouve dans aucun de ces trois modes. Elle fuit les grands concours d’hommes. Elle habite plus volontiers au sein d’une famille isolée, régie par le plus âgé. Dans tout autre gouvernement, elle ne fait que passer.

Nous parlerons donc du gouvernement patriarchal.

CORRECTIVE TO THE REVOLUTION.

No. I.

Three sorts of despotism weigh in turn on the heads of men gathered in society:

  • The despotism of one alone,
  • That of several,
  • That of all.

The first of these three yokes is the least difficult to break; one need only to wish it: the tragic end of Caesar in Rome, Charles I in London and Louis XVI in Paris are the proofs.

The despotism of several is not unassailable. Cannot the people set a senate straight? The despotism places society in a state of violence and division that cannot endure, and turns the nation back towards the despotism of one or that of several.

Liberty is not found in any of these three modes. It flees the great concourse of men. It lives most willingly in the heart of an isolated family, ruled over by the eldest. In every other government, it only passes.

We will speak then of patriarchal government.

II. Eh ! comment la société civile pouvoit-elle tourner au profit des hommes ? Son origine étoit impure. Le premier ambitieux fut sans doute son fondateur. Ce fut sans doute un homme isolé, enfant du crime et sans parens, qui le premier attroupa quelques-uns de ses semblables, se mit à leur tête, et qui sevré des caresses de la nature, voulut s’en dédommager par les bassesses de la servitude.

II. Well! How could civil society be made to profit men? Its origin was impure. The first ambitious man was undoubtedly its founder. He was doubtles an isolated man, a child of crime and without parents, who first gathered some of his fellows, placed himself at their head, and who, cut off from the caresses of nature, wanted to compensate himself for it through the base acts of servitude.

III. Quel est-il celui-là qui, le premier, fut assez imprudent pour conseiller aux hommes ses semblables de se réunir en société ? N’auroit-il pas dû pressenti qu’en voulant étendre les liens de l’homme, il les relâchoit. Il n’avoit donc pas réfléchi qu’un bon patriote seroit nécessairement l’ennemi de sa famille ; qu’un bon père de famille seroit par cela même un mauvais citoyen ?

III. Who was it who was first imprudent enough to advise his fellow men to gather together society? Shouldn’t he have foreseen that in wishing to extend the links among men, he  would untie them? Hadn’t he considered then that a good patriot would necessarily be the enemy of of family; that a good father would be, by that fact alone, a bad citizen?

IV. Un fleuve est bien différent de lui-même, quand on compare sa source à son embouchure. Ce filet d’eau limpide qui roule, avec un doux murmure, sur un sable épuré, est loin de ressembler à ce fleuve rapide et profond dont les flots entraînent avec eux tout ce qu’ils rencontrent, et vont se perdre avec fracas dans le gouffre de l’Océan.

Image exacte de la société !

Elle commença par un ménage heureux et paisible, vivant sous les loix simples de la nature. Il y a une grande distance de cette famille réunie sous un toit commode, au milieu d’une campagne riante, à ces empires vastes dont les habitans, étrangers l’un à l’autre, se poussent, se heurtent en tout sens, et ne sont contenus que par le frein d’un code sévère.

IV. A river is very different from itself, when we compare its source to its mouth. This trickle of limpid water that rolls, with a soft murmur, over fine sand, hardly resembles the swift, deep river whose floods carry with them all that they encounter, and which will be lost with a crash in the gulf of the ocean. 

An exact image of society!

It begins with a happy, peaceful household, living under the simple laws of nature. There is a great distance from that family, gathered under a cozy roof in the middle of a pleasant countryside, to these vast empires whose inhabitants, strangers to one another, jostle and collide with one another wherever they turn, and are only contained by the curb of a severe code.

V. La première société de toutes fut vraisemblablement celle d’une mère et de son enfant. La rencontre du père et de la mère ne peut être regardée que comme une société commencée, qui ne dura guère plus que le moment de la co-habitation. Mais l’association de la mère et de son enfant dut être prolongée au moins jusqu’à l’instant que l’enfant put se passer de sa mère ; et c’est là, ce semble, l’état de nature, l’état sauvage, qui ne dut pas tarder à faire place au siècle pastoral ; chez les nations les moins civilisées du monde, on trouva ces deux gradations établies, mais la première moins fréquemment que la seconde ; c’est donc à l’amour maternel qu’on est redevable de l’invention ou de l’origine de la société : source pure d’où cependant il s’est écoulé tant d’abus et d’excès !

V. The first society of all was in all likelihood that of a mother and her child. The encounter of the father and the mother can only be regarded as a society in its beginnings, which would hardly last for more than the moment of co-habitation. But the association of the mother and her child must be prolonged at least until the moment when the child can do without their mother; and that is, it seems, the state of nature, the savage state, which was not slow in giving way to the pastoral century; among the least civilized nations of the world, we find these two gradations established, but the first less frequently than the second; it is thus to maternal love that we are indebted for the invention or the origin of society: a pure source from which has flowed, however, so much abuse and excess!

VI. L’homme est né dans la société, et il y demeure, dit Montesquieu.

N’en déplaise la mémoire de ce beau génie, l’homme n’est pas plus né dans la société, que pour la société ; et la plupart n’y demeurent que comme des prisonniers dans un cachot.

L’homme est né dans sa famille, et il devroit y vivre, et y mourir, sans porter ses vues plus loin, sans étendre son horizon au-delà du toit paternel.

Si un père et une mère n’incorporoient pas leur enfant dans la société, il mourroit sans en soupçonner l’existence, et sans avoir besoin de la connoitre. J’en excepte le moment où il doit se choisir une compagne.

VI. Man is born in society, said Montesquieu, and there he remains.

With all due respect to that fine genius, man is no more born in society than for society; and the majority remain there only like prisoners in a dungeon.

Man is born in his family, and he should live there, and die there, without carrying his vistas farther, without extending his horizon beyond the paternal roof.

If a father and mother did not incorporate their child into society, the child would die without suspecting its existence, and without needing to know it, with the exception of the moment when they must choose a companion.

VII. L’homme nouveau-né n’a besoin que de son père et de sa mère : encore, pourroit-il à la rigueur se passer du mari de sa mère. L’enfant homme n’a besoin que d’une compagne. L’homme vieillard n’a besoin que de ses enfans. Qu’on ajoute un ami, pour les besoins de l’âme ; et l’homme peut très-bien se passer de tout le reste de ses semblables. Que lui offriroit de plus une plus grande société que celle au sein de laquelle il est né, au sein de laquelle il peut vivre et doit mourir heureux ? Dans son foyer domestique, il peut goûter tout autant de plaisir que sa nature en comporte. Lui étoit-il nécessaire de combiner avec tant d’art et de peine une association plus nombreuse ? Que nous en est-il revenu ? en vivons-nous plus contens et plus long-tems ? Hélas bien an contraire.

VII. The newborn man only needs his mother and his father: what is more, he could, in a pinch, do without his mother’s husband. As a child, the man only has need of a companion. The old man only needs his children. Let us add a friend, for the needs of the soul; and man can very well do without the rest of his fellows. What would be offered to him by a society larger than the one into which he was born, in the heart of which he can live and die happily? In his own household, he could taste as many pleasures as his nature entails. Was it necessary for him to work out, with so much art and trouble, a larger association? What is in it for us? Will we live longer or more happily? Alas, just the contrary.

VIII. On lit avec douleur dans l’histoire que le gouvernement le plus doux, le plus naturel, le plus digne de l’homme, donna naissance au gouvernement le plus absurde et le plus révoltant. Rien de plus raisonnable qu’une famille obéisse à son chef. Plusieurs familles s’étant réunies ne trouvèrent rien de plus propos que de conserver cette hiérarchie si simple. Qui auroit cru alors qu’une cause aussi innocente, aussi légitime, auroit eu des suites aussi funestes, aussi illégales ? On auroit du cependant prévoir qu’autre chose est de gouverner sa propre famille, ou de régir tout un peuple qui n’est attaché à son chef que par des liens factices. Un père, en frappant ses enfans, se frapperoit lui-même. Le sceptre d’un roi enclin au pouvoir arbitraire, ne tombe que sur des étrangers.

VIII. We read with sadness in history that the gentlest, most natural government, that most worthy of man, gave rise to the most absurd and most revolting of governments. Nothing is more reasonable than that a family should obey its head. Several families, being assembled, will find nothing more appropriate than to preserve that very simple hierarchy. Who then would have thought that such an innocent, such a legitimate cause would have had such dreadful, such illegitimate consequences? One should have foreseen, however, that it is one thing to govern one’s own family and another to rule an entire nation, which is attached to its head only by artificial links. A father, striking his children, strikes himself. The scepter of a king is inclined to arbitrary power and only falls on strangers.

IX. Quelqu’un a dit:

Ouvrez les fastes de l’univers, remontez à l’origine du monde social. Toutes les nations dont vous lirez l’histoire ont commencé par un homme nu qui avoit faim avant tout.

Cela n’est pas exact, et il seroit difficile, pour ne pas dire impossible, de prouver cette assertion par des monumens, ou par aucune tradition. L’homme nu qui avoit faim avant tout n’a pu être rencontré ainsi que par accident. L’homme vient au monde nu ; mais il a les bras et le sein de sa mère pour le réchauffer et le nourrir. Avant et pour que cet homme descendit des entrailles de sa mère, il a fallu que sa mère ne restât pas toujours seule au monde. La naissance de l’homme nu qui a faim avant tout, et qui, dit-on, sert de commencement à la société suppose une société antérieure à sa conception :

IX. Someone has said:

Open the registers of the universe and go back to the origins of the social world. All the nations whose histories you read have begun with a naked man who was, above all else, hungry.

That is not exact, and it would be difficult, not to say impossible, to prove that assertion by monuments or by any tradition. So the naked man who was, above all else, hungry could only be encountered by accident. Man comes into the world naked; but he has the arms and the breast of his mother to warm and nourish him. Before and in order for that man to come out from the womb of his mother, it is necessary that his mother has not always remained alone in the world. The birth of the nake man, who is hungry above and who, it is said, serves as the beginning of society, supposes a society prior to his conception :

X. A quelqu’époque éloignée de l’histoire qu’on veuille remonter, dans quelque région inhabitée qu’on pénètre, on ne trouvera jamais les hommes errans, seul-à-seul, dans les bois, et ne se donnant aucun soin pour se procurer des alimens. On ne peut pas recontrer un homme absolument isolé, vivant seul. Enfant, on le rencontre avec son père et sa mère ; plus grand avec ses frères, ses sœurs ou sa compagne. Dans l’âge mûr, il porte ses enfans dans ses bras ; dans sa vieillesse, il s’appuie à son tour sur eux : jamais on n’a trouvé d’homme seul, comme un être tout-à-coup jeté du ciel en terre. Jamais on ne vit d’homme surgir de terre, comme ces plantes fongeuses qui naissent du soir au matin. L’homme n’est pas un seul instant de sa vie seul. L’homme de la nature existe, ou peut exister ; l’homme sauvage est un être de raison.

X. In whatever distant era of history you should wish to return to, in whatever uninhabited region you penetrate, you will never find the men wandering, one-on-one, in the woods, and taking no pains to obtain food. You cannot encounter an absolutely isolated man, living alone. As a child, we find him with his father and mother; whe older, with his brothers, sisters or companion. In mature age, he carries his children in his arms; in old age, he leans on them in turn: never have we found man alone, like a being suddenly cast from the heavens to the earth. Never have we seen man emerge from the earth, like those spongy plants that sprout up overnight. Man is not, for a single instant of his life, alone. The man of nature exists, or can exist; the savage man is a figment of the imagination.

XI. Le sauvage n’est pas encore l’homme. Le citadin n’est plus l’homme.

Le père de famille, vivant avec ses enfans, dans sa maison, au milieu d’un domaine pas plus grand qu’il ne faut pour nourrir lui et les siens, voilà l’homme par excellence.

Le sauvage est l’homme informe.

Le citadin est l’homme déformé.

L’homme simple, l’homme champêtre, celui qui tient le juste milieu entre le cannibale brute et le pharisien poli ; voilà l’homme de la nature.

Il semble que Moise ait saisi ce point juste : il ne place pas Adam dans une forêt épaisse ; il ne le place pas non plus dans les murs d’une cité toute faite; il le met, avec sa compagne dans le jardin d’Eden.

On remarquera encore qu’il ne donne pas à l’innocent Abel l’honneur de la civilisation ; il attribue au fratricide Caïn l’invention des villes et des arts meurtriers.

XI. The savage is not yet a man. The city dweller is no longer a man.

The father of the family, living with his children, in his house, in the midst of a domaine no larger than he needs to feed himself and his own, that is man par excellence.

The savage is man unformed.

The city-dweller is man deformed.

The simple man, the rustic man, the one who occupies the happy medium between the cannibal brute and the polite Pharisee; that is the man of nature.

It seems that Moses grasped this legitimate point: he did not place Adam in a dense forest; nor did he place him within the walls of a city already built; he put him, with his companion, in the garden of Eden.

We also not that he did not give the innocent Abel the honor of civilization; he attributed the invention of cities and of the murderous arts to the fratricide Caïn.

XII. Newton a observé dans la nature deux agens qui font l’âme et toute l’économie de son système : la force centrifuge, et la force centripète. Ces deux mobiles contraires d’impulsion et de répulsion sont tellement en équilibre, qu’il en résulte l’harmonie admirable qui règne dans le monde.

On pourroit appliquer ce principe à la politique. L’homme est né tout-à-la-fois doué de liberté et de sociabilité, Les législateurs profonds ont cru pouvoir mettre en jeu tout-à-la-fois ces deux ressorts rivaux du cœur humain ; mais il ne leur a pas été aussi. facile de faire régner entr’eux le même équilibre qu’entre la force centrifuge et la force centripète. Il falloit trouver une balance d’une grande justesse pour peser les droits de l’homme avec ses devoirs, et pour ne point laisser emporter le poids des uns par le poids des autres. Malheureusement on a trop souvent sacrifié les droits aux devoirs. La nature avoit trouvé un biais. L’homme, sans compromettre les droits de sa liberté, et sans se soustraire aux devoirs de la sociabilité, concouroit à ce double but, en obéissant à son père, et pas à d’autres. Il en fit même d’abord la douce expérience. Malheureusement, il ne s’en tint pas là : l’instinct lui auroit cependant suffi pour cela ; mais il voulut user de la raison avant sa maturité ; et le flambeau qui lui avoit été donné pour éclairer la routine de l’instinct, devint bientôt entre ses mains une torche incendiaire. Tout fut perdu, sitôt que l’homme consentit à obéir. à d’autres qu’à son père. Les deux ressorts d’impulsion et de répulsion qui étoient tendus en lui, ces deux espèces de forces centrifuge et centripète, réagirent l’un contre l’autre ; et de cette dissonance, de cette rivalité, il en résulta tous les désordres de la société civile.

XIII. Ce qui se passa à l’époque où les peuples arrêtèrent une forme de gouvernement, n’est pas un préjugé eu faveur de la légitimité du pacte social. Le berceau de toutes les nations a été souillé de crimes. On le voit entouré, ou d’usurpateurs cruels, ou d’hommes lâchers. Les uns se vendent ou se donnent; les autres achètent ou subjuguent : ou bien encore, des fourbes adroits, par un tour de gobelet digne des charlatans font lever au ciel les yeux de leurs semblables, pour, pendant ce tems, les dépouiller en ce bas monde, ou leur préparer des entraves et des piéges.

Les refontes de gouvernemens sont susceptibles des mêmes abus et des mêmes excès que leur première fondation.

XIV. Il faut opter : on ne peut être à la fois bon citoyen et bon père de famille, par la raison qu’on ne peut être à la fois en deux endroits différens, et qu’on ne sauroit partager son tems entre les affaires du dehors et celles du dedans, sans qu’elles n’en souvent toutes. Un père qui préfère les caresses de ses enfans aux promesses de ses protecteurs, n’ira ni vite ni loin dans le chemin de la fortune. On ne peut servir deux maitres à la fois : ou la nature, ou la société ! il faut opter.

XV. L’homme a épuisé toutes les formes possibles de gouvernement. Il seroit tems qu’il revint au point d’où il est parti. Il a dû voir qu’il n’a jamais été plus heureux, que quand, renfermé dans le sein de sa famille, il ne connoissoit d’autre maître que son père, d’autres loix que les ordres paternels, d’autre culte que la piété filiale. Il a dû éprouver qu’il n’a jamais eu de sauve-garde plus sûre que la main d’un père qui l’aime par instinct et par devoir, par besoin et par penchant. Il seroit tems que l’homme se retirât de la foule pour vivre chez lui et avec lui : persuadé que si un chef de famille a quelque peine à gouverner un certain nombre d’enfans qu’il aime, un roi on un sénat ne doit pas avoir moins de peine à gouverner des millions d’individus disposés à méconnoitre les droits de leurs semblables sur eux. Le comble de l’éloge pour un gouvernement est de le dire paternel ; mais quel immense intervalle restera-t-il toujours entre la patrie et une mère ?

 

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