Georgette Ryner, “If I returned to your country” (1924/1926)

Georgette Ryner was the daughter of Han Ryner, a teacher and a regular contributed to E. Armand’s paper l’en dehors. The prose poem translated here is presented in two slightly different versions. The first appeared in La pensée française in 1924 and the second is the form in which it was published in the collection Dans la ronde éternelle in 1926.

Si je retournais dans votre pays (La pensée française)

Si je retournais dans votre pays, comme il serait triste ce retour au pays autrefois aimé, au pays où vous n’êtes plus !

Dans l’escalier quand je le gravirais, je rencontrerais quatre hommes descendant une lourde caisse et, ce serait vous ou ce qu’il en reste.

A travers la porte, quand je frapperais, je n’entendrais plus votre pas joyeux; mon coeur qui battait en disant : « C’est elle », mon coeur battrait d’un son plus grave et ses coups précipités en moi diraient « Ce n’est plus elle ! Ne vais-je plus la voir ?»

A l’intérieur, en vain je chercherais et j’attendrais votre présence : « Ne viendra-t-elle pas enfin ? Pourquoi me laisse-t-elle ainsi prolonger ma visite ? Ne sait-elle pas une je l’attends ? »

Dans la petite église sombre, j’irais me recueillir, laisser écouler ma douleur : un catafalque se dresserait, tout noir sous les lames d’argent, tout noir parmi les flamboiements !

Dans le champ du repos je pénétrerais : un bruit de chaînes, un bruit de terre qui retombe, lourde sur le bois, m’éveillerait de ma torpeur.

Sur la tombe je m’agenouillerais : vos os m’apparaîtraient rongés et votre corps livré aux vers.

Si je retournais dans votre pays, ah ! qu’il serait triste ce retour au pays autrefois aimé, au pays où vous n’êtes plus !

If I returned to your country (La pensée française)

If I returned to your country, how sad it would be—this return to the once beloved county, to the country where you are no longer!

In the staircase, as I climbed, I would meet four men carrying down a heavy crate—and it would be you or what remains of you.

Through the door, when I knocked, I would no longer hear your joyful step. My heart, which beat, saying: “It is her”—my heart would beat more deeply and its hasty would say to me: “It is her no longer! Will I never see her again?”

Within, I would seek and await your presence in vain: “Will she not come at last? Why does she let me continue my visit in this way? Does she not know that I am waiting for her?”

In the somber little church, I would gather my thoughts, let my sadness flow: a bier would be erected, all black with silver fringes, all black among the blazing lights!

I would enter the peaceful fields: the noise of chains, the sound of earth falling, heavy on the wood, would awaken me from my torpor.

I would kneel down beside the grave: your bones would seem to me already gnawed and your body delivered to the worms.

If I returned to your country, ah ! how sad it would be—this return to the once beloved county, to the country where you are no longer!

Si je retournais dans votre pays (Dans la ronde éternelle)

Si je retournais dans votre pays, comme il serait triste ce retour au pays autrefois aimé, au pays où vous n’êtes plus.

Dans l’escalier, quand je le gravirais, je rencontrerais quatre hommes descendant une lourde caisse : ce serait vous, hélas ! Le peu qu’il en reste.

A travers la porte, quand je frapperais, je n’entendrais plus votre pas joyeux; mon coeur qui battait en disant : « C’est elle », mon coeur battrait, son plus grave et ses coups précipités diraient : « Ce n’est plus elle ! Ce n’est plus elle ! »

Dedans, en vain je chercherais et j’attendrais votre présence : « Ne viendra-t-elle pas enfin ? Pourquoi me laisse-t-elle ainsi prolonger ma visite ? Ne sait-elle pas une j’attends et que je m’inquiète et que je m’angoisse ? »

Dans la petite église sombre, j’irais me réfugierais pour laisser écouler ma douleur : un catafalque se dresserait, tout noir, sous les lames d’argent, tout noir parmi les flamboiements !

Dans le champ du repos je m’enfuirais. Un bruit de chaînes, de terre qui retombe, lourde, sur le bois, m’éveillerait de ma torpeur.

Sur la tombe je m’agenouillerais : vos os m’apparaîtraient tels qu’ils seront bientôt, rongés, et qui s’effritent, et votre corps déjà me semblerait livré aux vers.

Si je retournais dans votre pays, ah ! qu’il serait triste, ce retour au pays autrefois aimé, au pays où vous n’êtes plus !

If I returned to your country

If I returned to your country, how sad it would be—this return to the once beloved county, to the country where you are no longer!

In the staircase, as I climbed, I would meet four men carrying down a heavy crate : It would be you, alas! The little that remains of you.

Through the door, when I knocked, I would no longer hear your joyful step. My heart, which beat, saying: “It is her”—my heart would beat more deeply and its hasty would say to me: “It is her no longer! It is her no longer!”

Inside, I would seek and await your presence in vain: “Will she not come at last? Why does she let me continue my visit in this way? Does she not know that I am waiting, that I grow worried and distressed?”

In the somber little church, I would take refuge to let my sadness flow: a bier would be erected, all black, with silver fringes, all black among the blazing lights!

I would flee to the peaceful fields. A noise of chains, of earth falling, heavy, on wood, would awaken me from my torpor.

I would kneel down beside the grave: your bones would seem to me as they will be soon, gnawed and crumbling, and your body would seem to me already delivered to the worms.

If I returned to your country, ah ! how sad it would be—this return to the once beloved county, to the country where you are no longer!

About Shawn P. Wilbur 2513 Articles
Independent scholar, translator and archivist.