E. Armand, “On Sexual Liberty” (1916) (FR/EN)

In the past, I’ve translated a number of short essays by E. Armand, and thoroughly enjoyed reading several more, without entirely convincing myself that Armand is an important anarchist figure. The brand of Nietzschean individualism featured in the “Mini-Manual of the Individualist Anarchist” is interesting and sometimes suggestive. His writings on naturism and “amorous camaraderie” really do illuminate aspects of European individualist anarchism that are largely unknown to American anarchists. When I ran across his “De la liberté sexuelle” (published in 1916 in the corrected 2nd edition I worked from), it struck me as a useful bit of anarchist theory, but as I began to check some possible errors in my copy of the French text, I found something a lot more exciting—a version of the essay incorporated into Armand’s L’Initiation individualiste anarchiste, a lengthy 1923 account of individualist anarchism in all its facets. I spent part of today reading through chapters on reciprocity, contract, guarantyism, and equal liberty. On the basis of a quick survey, I’m inclined to think that this Anarchist Individualist Initiation may well be a rather important text from the individualist anarchist tradition. I’ll start presenting some other sections in translation soon. For now, here is Armand’s essay:


DE LA LIBERTÉ SEXUELLE

Avant d’exposer notre conception de la « liberté sexuelle », je crois nécessaire de définir l’expression liberté elle-même. Nous savons tous que la liberté ne saurait être un but, car il n’est pas de liberté absolue; de même qu’il n’est pas de vérité générale, pratiquement parlant, qu’il n’existe que des vérités particulières, il n’est pas de liberté générale ; il n’y a que des libertés particulières, individuelles. Il n’est pas possible d’échapper à certaines contingences ; on ne peut être libre de ne pas respirer, par exemple, de ne pas digérer… La Liberté n’est qu’une abstraction comme la Vérité, la Pureté, la Bonté, l’Egalité, etc. Or, une abstraction ne peut être un but.

Considérée au contraire, au point de vue particulier, cessant d’être une abstraction, devenant une voie, un moyen, la liberté se comprend. C’est ainsi qu’on réclame la liberté de penser, c’est-à-dire de pouvoir, sans entrave extérieure, exprimer par la parole ou l’écrit ses pensées et ce, de la façon dont elles se présentent à l’esprit. C’est l’expression intégrale de la pensée qui est alors le but poursuivi et non la liberté.

C’est justement parce qu’il n’est que des libertés particulières que nous pouvons, sortant du domaine de l’abstrait, nous placer sur un terrain solide et affirmer « nos besoins et nos désirs » — bien mieux que « nos droits » expression abstraite et arbitraire — refoulés, mutilés ou travestis par des autorités d’ordres divers.

Vie intellectuelle, vie artistique, vie économique, vie sexuelle, — nous réclamons pour elles la liberté de se manifester pleinement, selon les individus, eu égard à la liberté des individus, en dehors des conceptions légalitaires et des préjugés d’ordre religieux ou civil. Nous réclamons pour elles, rivières grandioses où se déversent l’activité humaine, de couler sans obstacles, — sans que les écluses du « moralitéisme » ou les barrages du « traditionalisme » tourmentent ou embourbent leurs cours. A tout prendre, mieux encore les libertés, avec leurs impétueuses erreurs, leurs soubresauts nerveux, leurs « manques de recul » impulsifs, que les autorités, façades immobiles, grilles Agées derrière lesquelles on agonise et on s’étiole. Entre la vie en plein air et la vie en cave, nous choisissons la vie en plein air.

Lorsque nous demandons « la liberté sexuelle » — que voulons-nous dire? Est-ce la « liberté du viol » ou celle de la débauche que nous entendons ? Aspirons-nous à l’anéantissement du sentiment en matière de vie amoureuse, à la disparition de l’attachement, de la tendresse ou de l’affection ? Glorifions-nous la promiscuité inconsciente ou la satisfaction bestialement sexuelle, en temps et hors de temps? Nullement. En demandant la liberté sexuelle, nous réclamons simplement la possibilité pour tout individu de disposer, à son gré et dans toutes les circonstances de sa vie sexuelle — selon les qualifications de tempérament, de sentiment, de raison qui lui sont particulières.

Nous ne demandons donc pas la liberté du « viol ». Attention: sa vie sexuelle — cela n’implique pas la vie sexuelle d’autrui. Nous ne réclamons pas non plus une liberté de la vie sexuelle que ne précéderait aucune éducation sexuelle. Nous croyons, au contraire que, graduellement, dans la période précédant la puberté, l’être humain ne doit rien ignorer de ce qui concerne la vie sexuelle, — autrement dit l’attirance inéluctable des sexes — que cette vie sexuelle soit considérée au point de vue sentimental, émotionnel ou physiologique. Nous pensons que les esprits avancés doivent avoir à cœur de préconiser, de propager cette éducation, de ne jamais laisser échapper une occasion do la faire ; nous pensons que dès le moment que nous venons d’indiquer, non seulement l’être humain doit savoir quelles délices — sentimentales, émotionnelles, physiques — réservent la vie sexuelle, mais encore quelles responsabilités elle entraîne. L’un et l’autre sexe devrait être amené à comprendre par exemple, que c’est à la femme qu’il appartient de choisir l’heure de la conception. L’un et l’autre sexe ne doit, de même, rien ignorer des méthodes de prévention conceptionnelle. Si j’allais jusqu’au bout de ma pensée, je dirais que dans une société qui n’a pas mis ses constituants féminins à même de refuser ou d’éviter une maternité non désirée, ceux-ci seraient parfaitement justifiés de laisser leur progéniture aux soins de la collectivité.

Nous ne séparons pas « liberté de vie sexuelle » d’ « éducation sexuelle ».

Contrairement aux préjugés d’ordre religieux ou civil, nous traitons la question sexuelle comme la question intellectuelle, comme toutes les questions qui sollicitent l’activité humaine. De même que nous apparaissent nécessaires les expériences dans la vie considérée en son ensemble, de même nous apparaissent indispensables les expériences dans cette phase particulière de la vie qu’est la vie sexuelle. Nous déclarons « absurdité » le fait pour une jeune fille ou un jeune homme de seize ans de se lier pour la vie par le mariage et, cependant, rien ne paraît plus naturel qu’un être de cet âge entretienne avec un autre des relations sexuelles d’ordre affectif ou physique. D’ailleurs, la vie sexuelle de quinze à vingt ans diffère de la vie sexuelle considérée à trente-cinq ans ou à l’automne de la vie. La vie sexuelle est tellement compliquée que l’existence d’expériences de vie sexuelle simultanée est fort compréhensible, puisque dans chaque expérience, tantôt c’est le côté sentimental ou affectif qui domine, tantôt c’est le côté émotionnel ou sensuel, tantôt encore c’est le côté de la pure satisfaction physique. D’expérience à expérience, les degrés de sensations morales, affectives ou voluptueuses varient si étrangement qu’on peut en conclure qu’aucune expérience ressemble à celle qui l’a précédée, ou se poursuit parallèlement.

On ne poursuit pas normalement la recherche d’expériences identiques.

Car nous n’excluons pas la volupté sensuelle des expériences de la vie ; nous la mettons sur le même plan que la volupté intellectuelle (artistique, littéraire, etc.) la volupté morale, la volupté économique. Nous considérons comme de piètres moralistes, comme des mutilés moraux, ceux qui la placent sur je ne sais quel plan inférieur. Nulles ne sont inférieures des expériences de la vie que celles qui amènent la peur de la vie ou le déséquilibre de la volonté. Or, la volupté normale — que ce soit la jouissance d’un paysage splendide ou une expérience sensuelle intensément vécue — engendre, au contraire, amour de la vie et exercice de la volonté.

Ainsi « liberté de la vie sexuelle » n’est point synonyme de « débauche » autrement dit: « perte de l’équilibre moral ». La liberté sexuelle est exclusivement d’ordre individuel. Elle présuppose une éducation de la volonté qui permet à chacun de déterminer pour soi le point où il cesse d’être maître de ses passions ou de ses penchants, éducation peut-être beaucoup plus instinctive qu’il paraît à première vue. Comme toutes les libertés, celle de la vie sexuelle entraîne un effort, non point d’abstinence — (l’abstention «n fait d’expériences de la vie est une marque d’insuffisance morale, comme la débauche est un signe de faiblesse morale) — mais de jugement, de discernement, de classement. En d’autres termes, il ne s’agit point tant de la quantité ou du nombre des expériences que de la qualité de l’expérimentateur. Pour conclure, liberté de la vie sexuelle reste unie, dans notre esprit, à éducation sexuelle préparatoire et à puissance de détermination individuelle.

Liberté de la vie sexuelle dans toutes les circonstances, certes : dans comme hors l’union… S’il est vrai que les expériences sexuelles diffèrent les unes des autres, comment la jalousie — attitude morbide de l’amour — pourrait-elle exister? Un individu, sujet ou objet d’une expérience, pourrait-il raisonnablement déplorer de manquer des qualifications nécessaires qui rendent un de ses pareils sujet ou objet d’une autre expérience? Une chose est l’expérience sentimentale, une autre l’expérience sensuelle, une autre encore le choix d’un procréateur. Il se peut que l’être qu’une femme choisisse pour procréateur ne soit pas celui pour qui elle ressente le plus d’affection et qu’elle cherche chez celui-ci certaines qualités physiques qui lui sont indifférentes chez celui-là. L’un pourrait-il être raisonnablement jaloux de l’autre?…

Terminons. En faisant rentrer dans les expériences de la vie usuelle les phénomènes affectifs, nous n’avons point voulu diminuer l’importance du facteur « amour » dans l’existence humaine. Nous pensons qu’une expérience peut être, vécue sérieusement, profondément, intensément, mais que maintes désillusions et souffrances seraient épargnées si nombre de faits de la vie au lieu d’être considérés comme définitifs apparaissaient comme temporaires, modifiables, révisables — essentiellement variables. Ceci est accepté au point de vue scientifique — au point de vue intellectuel — à tous les points de vue, — nous ne saurions comprendre qu’il en soit autrement au point de vue sentimental, affectif ou sexuel. Il ne nous suffit pas que cette idée soit adoptée hypocritement et pratiquée clandestinement. Nous réclamons pour la recherche et la pratique de liberté sexuelle le même grand jour que pour celles des autres libertés, persuadés qu’à son développement et à son évolution sont liées non seulement l’accroissement du bonheur individuel et collectif, mais encore en grande partie la disparition de l’état de choses actuel.

D’ailleurs, nous ne nous prononçons pas plus en faveur de l’unicité ou de la pluralité en amour que contre; et il se peut bien que dans un couple donné, l’un des constituants pratique l’unicité tandis que l’autre pratique la pluralité. Il se peut qu’après un temps, l’unicité paraisse préférable à la pluralité et vice-versa. Ce sont questions individuelles. Ce que nous demandons c’est, qu’on cesse de qualifier de plus ou moins légitime l’expérience selon qu’elle est simple ou unique. Ce que nous demandons encore, c’est qu’on instruise de ces choses tous les êtres et que le père, la mère ou le compagnon ne profitent pas de leur situation privilégiée pour les tenir cachées de ceux qui ont une confiance obligée en eux. A chacun alors, instruit, de déterminer sa vie sexuelle comme il l’entend, d’en varier les expériences ou de s’en tenir à une unique : en un mot, d’en disposer « à son gré ».

ON SEXUAL LIBERTY

Before explaining our notion of “sexual liberty,” I think it is necessary to define liberty itself. We all know that liberty could not be an end, for there is no absolute liberty. Just as there is no general truth, practically speaking, except what exists in particular verities, there is no general liberty. There are only particular, individual liberties. It is not possible to escape certain contingencies. One cannot be free, for example, to not breathe or digest… Liberty is only a abstraction, like Truth, Purity, Goodness, Equality, etc. And an abstraction cannot be an end.

Considered, instead, from the particular point of view, liberty ceases to be an abstraction, and becomes a way, a means, and will be understood. It is thus that we call for the freedom of thought, which is to say the power, without external hindrance, to express thoughts in speech or in writing, in the manner in which they present themselves in the mind. It is the complete expression of thought which is the goal we pursue, and not liberty.

It is precisely because there are only particular liberties that we can, departing from the realm of the abstract, place ourselves on solid ground and affirm “our needs and our desires”—much better than “our rights,” which is an abstract and arbitrary expression—stifled, mangled or distorted by various sorts of authorities.

Intellectual life, artistic life, economic life, sexual life—we demand for all these the liberty to manifest themselves freely, in individuals, with an eye to the liberty of individuals, apart from the legalistic conceptions and prejudices of religious or civil order. We demand for them, these great rivers where human activity flows, the freedom to run without obstacles,—without the locks of “moralityism” or the dams of “traditionalism” troubling or miring their course. All in all, it is better to have the liberties, with their impetuous errors, their nervous jolts, their impulsive “lack of perspective,” than the authorities, immobile façades, frozen gates before which we wilt and die. Between life out of doors and life in the cellar, we choose the outdoor life.

When we call for “sexual liberty”—what do we mean? Do we mean “freedom to rape” or debauchery? Do we desire the annihilation of sentiment in love-lives, the disappearance of attachment, tenderness and affection? Do we glorify unthinking promiscuity or animalistic sexual satisfaction, at any time and place? Not at all. In calling for sexual liberty, we simply demand the possibility for every individual to dispose, as they wish and in all the circumstances, of their sexual lifeaccording to the variations of temperament, sentiment, and reason which are peculiar to them.

Thus we do not demand the liberty to “rape.” Attention: their sexual life does not imply the sexual life of another. Neither do we demand a liberty of sexual life which would precede any sexual education. On the contrary, we believe that, gradually, in the period preceding puberty, the human being should be left ignorant of nothing that concerns sexual life,—the inevitable attraction of the sexes—whether that sexual life is considered from the sentimental, emotional or physiological point of view. We believe that advanced minds should take it to heart to recommend and propagate that education, to never let an occasion escape to engage in it; we think that from the moment that we have just indicated, not only should the human being know what delights—sentimental, emotional, and physical—the sexual life holds, but also what responsibilities it leads to. Both sexes should be led to understand, for example, that it is up to the woman to choose the hour of conception. And neither sex should be ignorant of the means of contraception. Following my thought to its logical conclusions, I would say that in a society which had not made it possible for its female constituents to refuse or avert an undesired pregnancy, those constituents would be perfectly justified in leaving their progeny to the care of the collectivity.

We do not separate the “liberty of the sexual life” from “sexual education.”

Contrary to the prejudices of the religious or civil orders, we treat the sexual question like the intellectual question, like all the questions raised by human activity. Just as the experiences of life, taken as a whole, appear necessary to us, so do experiences in that particular phase of life that is sexual life seem indispensible. We declare it an “absurdity” for a young boy or girl of sixteen years to be bound for life in marriage, and yet nothing appears more natural than a being of that age maintaining sexual relations with another, of the emotional or physical sort. Moreover, the sexual life from fifteen to twenty years of age differs from the sexual life consider at thirty-five or in the autumn of life. Sexual life is so complicated that the existence of multiple simultaneous experiences of sexual life is easily comprehensible, since in each experience, sometimes it is the sentimental or emotional side which dominates, sometimes the emotional or sensual side, and sometimes is the element of pure physical satisfaction. From experience to experience, the degrees of moral, emotional or voluptuous sensations vary so strangely that we can conclude from it that no experience resembles that which preceded it, or is pursued similarly.

We do not normally pursue identical experiences.

We do not exclude intense, voluptuous, sensual pleasure from those experiences; we put it on the same plane as intense intellectual pleasure (artistic, literary, etc.), moral pleasure, and economic pleasure. We consider those who place it on some lesser plane to be paltry moralists, morally mutilated. None of the experiences of life are inferior, except those caused by the fear of life or the imbalance of the will. Now, normal voluptuousness—whether it is the enjoyment of a splendid landscape or an intensely lived sensual experience—engenders, on the contrary, love of life and exercise of the will.

Thus “liberty of sexual life” is not synonymous with “debauchery,” otherwise known as “loss of moral equilibrium.” Sexual liberty is exclusively of the individual order. It presupposes an education of the will, which permits each to determine for themselves the point where they will cease to be master of their passions or penchants, an education perhaps much more instinctive than it appears at first look. Like all liberties, that of the sexual life involves an effort, not of abstinence—(in fact, abstention from the experiences of life is a mark of moral insufficiency, as debauchery is a sign of moral weakness)—but of judgment, discernment, and classification. In other words, it is not so much a question of the quantity or number of experiments as of the quality of the experimenter. To conclude, liberty of the sexual life remains united, in our mind, with a preparatory sexual education and a power of individual determination.

Liberty of sexual life in all circumstances, of course: in or out of union… If it is true that sexual experiences differ from one another, how can jealousy—a morbid attitude of love—exist? Can an individual, subject or object of an experience, reasonably bemoan the lack of necessary qualifications which makes one of their fellows the subject or object of another experience? Sentimental experience is one thing, sensual experience another, and the choice of a procreator yet another. It could be that the individual that a woman chooses as a procreator would not be the one for whom she feels the most affection, and that she seeks in the one certain physical qualities to which she is indifferent in the other. Could the one be reasonably jealous of the other?…

Let’s finish. By replacing the emotional phenomena among the experiences of ordinary life, we do not at all wish to diminish the importance of the factor “love” in human existence. We think that an experience can be experienced seriously, profoundly, intensely, but that we would be spared many disenchantments and sufferings if a number of the facts of life, instead of being considered as definitive, appeared as temporary, modifiable, revisable— essentially variable. This is accepted from the scientific point of view—from the intellectual point of view—from all points of view,—and we can’t comprehend how it would be otherwise from the sentimental, emotional or sexual point of view. It is not enough for us that this idea be adopted hypocritically and practiced clandestinely. We demand for the research and practice of sexual liberty the same broad daylight as for those of other liberties, persuaded that its development and evolution are linked not only to the increase of individual and collective happiness, but also in large part to the disappearance of the present state of things.

Moreover, we do not declare ourselves more in favor of unicity or plurality in love than we are against either; and it could well be that, in a given couple, one of the partners will practice unicity while the other practices plurality. And it could be that, after some time, unicity could appear preferable to plurality or vice-versa. These are individual questions. What we are asking is that we cease to qualify experience as more or less legitimate, depending on whether it is simple or unique. We also ask that we instruct all individuals on these things, and that fathers, mothers, or partners not profit from their privileged situation, to keep their knowledge hidden from those who are obliged to trust them. To each then, education, to determine their sexual life as they intend, to vary its experiences or to hold themselves to one alone: in a word, to proceed “at will.”

E. Armand, De la Liberté sexuelle (Deuxième Tirage, Corrigé) Variations sur la Volupté
par delà la mêlée” 22, cité Saint-Joseph, ORLÉANS 1916

[Working translation by Shawn P. Wilbur; revised 3/17/2012]

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2 Comments

  1. I find this essay by Armand on the same subject more interesting:

    “EL AMOR ENTRE ANARCOINDIVIDUALISTAS” or “love between individualist anarchists”

    http://anarquismoindividualista.blogspot.com/2009/12/el-amor-entre-anarcoindividualistas-x-e.html

    In this essay he compares capitalism with monogamy and he calls the love of jealous people “the monopolization of the partner´s sexual organs”

    of course it is in spanish so hopefully someday we will have it translated into english

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