poetry

E. Armand, “Variations on Poetry” (1929)

Variations sur la Poésie Je n’aime pas le poète missionnaire ; Je n’aime pas le poète convertisseur ; Je n’aime pas le chanteur social ; Je m’insoucie de la chanson brochure de propagande. Je n’apprécie de poésie que celle qui est le récit une expérience individuelle. Raconte-moi, poète, ta joie, tes espoirs : crie-les, pleure-les, hurle-les, mais émeus-moi. Je ne te demande point de doubler le prêtre ou le politicien. non— ce que j’attends de toi, c’est que tu me fasses vibrer à l’unisson de tes perceptions. Poète, fais-moi tressaillir, frissonner avec toi, avec toi me réjouir, aimer et haïr […]
fiction

Pierre Madel, “L’en dehors” (1930-1931)

Notre feuilleton: L’en dehors À Marius Berger. Le « Maurice-Eugène » était signalé depuis la veille, en partance de Nouméa. À huit heures du matin, Georges Oxford avait braqué vingt fois sa longue-vue sur la passe. Bernard, sorti dès l’ouverture des ateliers, n’était pas même venu aux informations. Ti-Nam et Roï, les deux chinoises, achevaient en silence de ranger le salon. M. Georges remarqua un siège mal placé, ne dit rien, et, rectifia lui-même l’alignement. Puis il retourna sur la vérandah qui longeait le bungalow, face à la mer, et prit le « Bulletin du Commerce » qui traînait sur un guéridon de bambou. Sa […]
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E. Armand, “The Man of Blood,” “A True Story” and a note on camaraderie

l’Homme de sang. SINISTRE, l’œil amer, sûr de l’impunité, L’accusateur public insiste pour qu’on tue ; Tour à tour menaçant, persuasif, irrité, Doucereux quelquefois, son verbe s’évertue A traquer la pitié jusqu’au tréfonds du cœur De ceux qui vont juger; à forcer son refuge Ultime et l’en chasser. Mordant, cruel, moqueur, Il peut l’être sans risque. Il n’est de subterfuge D’appel aux bas instincts encor mal endormis, D’exagération dont il n’enfle sa cause… Ministre de vengeance, il se sait tout permis, Conscient que sur lui, titubant, se repose Le Bâtiment social. « Au crime horrible il faut Par le meurtre […]
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E. Armand, “Liberty Will Triumph” (1923)

La Liberté triomphera Il n’y a plus de feuilles aux arbres. Les derniers ouragans ont enlevé les ultimes qui résistaient encore. Il fait froid. Plus de fleurs sur le bord des routes. Un brouillard dense et morne engrisaille hommes et choses. On dirait que va sonner la dernière heure du monde, tant les contours des objets apparaissent flous, imprécis. Plus d’épis dans les champs. Le vent souffle sur des plaines désolées. Là où cet été s’élevaient toutes sortes de graminées destinées à la nourriture des êtres vivants, ce n’est plus que le désert. Les sentiers des forêts sont jonchés de […]
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APRIL: We Deny All Masters Exosthène—one section My Muse Regrets A Curious Dream Sketches The Sinister Passion Selfish Thoughts Songs of the Immured Perspective (Response to “Perspective”) Refractories! (Bizeau) My Desires! Work Tomorrow A Wall for Horizon A Portrait Today Hesitations Autumn Thoughts Calculations From on High Erotic Poem MAY: Dream and Reality The Vase Adventure Was There… Like Lions A Winter Song April My Body Is My Own Estompe / Fading Pagan Dream Because I Consider You To Be Mine Past or Future? Reconciliation Memory Liberty Will Triumph (essay/prose poem) FIRST SERIES (including some short prose works): Sentimentality In […]
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E. Armand, “Souvenir / Memory” (1906)

Souvenir On ne peut demander à un individu donné plus qu’à d’autres la perfection: chacun a ses tentations : il n’en est pas responsable. Ce dont il est responsable c’est la façon dont il en triomphe. — Marie Kugel. Dans la nuit calme, hier, j’ai relu « ses » lettres ; Profond et lourd aussi le silence planait, Il était tard ; nul bruit ; obscures les fenêtres… Hélas ! mon âme en deuil ne connaît plus la paix… Pauvres fragments épars ; échos d’espoirs sans nombre, Beaux songes envolés pour ne plus revenir, Songes qu’on prolongeait à voix basse et dans l’ombre, — […]
Contr'un

Positive Anarchy and Collective Force

Related links: Our Lost Continent and the Journey Back [main page] “Anarchism: Plain and Neo-Proudhonian“ “Legal Order“ “Archy vs. Anarchy“ “Authority and Authority-effects“ Theories of Anarchist Development Anarchy as a Beacon and as a Focus for Synthesis Defining Anarchy: A distinct, anarchy-centered anarchism is not just possible, but necessary, if we are to confront the systemic challenges facing us, and that anarchism seems likely, if seriously pursued, to be adequate to the task. We’re off to a good start, having defined anarchy in terms of a complete break with legal and governmental order. Any anarchism taking this concept of anarchy […]
Contr'un

Anarchy: Into the Maelstrom

Related links: Our Lost Continent and the Journey Back [main page] “1840: Proudhon’s Barbaric Yawp“ “Anarchism: Plain and neo-Proudhonian” (April 22, 2020) Defining Anarchy:   First, we scuttle the ship of state, with all hands, if need be—ourselves included—if, for the moment, only in the realm of the imagination… After all the preliminaries, all the hesitations, it is time to take the plunge, to do our best to define anarchy in such a way that it can serve us as a guide and instrument in the exploration we have undertaken. And we have told ourselves that the anarchist conception of […]
Featured articles

E. Armand, “Because I Consider You To Be Mine” (1913)

Parce que je te considère comme mien. Parce que je te considère comme mien, je m’intéresse à toi. Parce que je sais que je puis compter sur toi dans les heures difficiles, ou sur tes caresses quand parlent mes sens, ou sur ton savoir quand mes propres lumières défaillent, ou sur ton appui matériel quand je me trouve à bout de ressources, ou sur la sympathie quand je m’embarque dans quelque aventure de ton goût. Parce que tu es ma propriété. Parce que tu m’appartiens et que je puis faire fond sur cette possession. Parce que toi aussi tu me […]
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E. Armand, “Rêve païen / Pagan Dream” (1913)

Rêve païen Aimant la vie, aimant l’amour, aimant Ia chair, Il m’arrive parfois, remontant des années Le cours lointain, de voir, en mon rêve, une mer D’azur comme le ciel, et des rives baignées D’une lumière ardente et limpide. À Vénus, Un temple consacré décore une colline, Tout proche, et dans un bois d’oliviers dansent nus, Lascifs, de Pan des fils et des filles… Divine, La brise douce exhale et sème le désir. La volupté m’entoure et je me sens comme ivre… O coupe qui jamais ne s’épuise… Saisir D’une femme le corps qui palpite et se livre, L’étreindre, l’enserrer, […]