Sylvain Maréchal, “The Pig-Keeper King” (1788)

APOLOGUES MODERNES.

LEÇON IV.

LE ROI GARDEUR DE COCHONS.

En ce temps-là ; un jeune roi étoit enclin à la débauche, même à la crapule ; c’étoit un vice héréditaire. The états-généraux, tuteurs-nés du souverain, qui n’étoit jamais émancipé pour eux, s’assemblèrent & concertèrent un moyen de corriger le jeune prince. Un jour qu’il s’étoit livré tout entier à son penchant ignoble, plongé dans un profond sommeil, on se saisit de sa personne royale ; de son palais, on le transporta tout endormi dans une étable, sur une litière. A son réveil, le jeune prince put à peine en croire ses yeux. Il ne fait s’il rêve encore. Il ne retrouve plus son trône, sa couronne, son sceptre, ni ses maîtresses pour le caresser, ni ses valets pour le servir, ni ses flatteurs pour l’exciter à de nouveaux excès. Il veut commander ; des pâtres prévenus accourent à sa voix, & le traitent sur le pied de la plus parfaite égalité. En vain le prince menace & réclame son autorité. On l’accuse d’avoir la tête aliénée, & on l’entraîne, malgré lui, à la garde du plus vil des troupeaux. Enfin, après quelques jours de cette épreuve, on saisit un moment de sommeil pour le replacer sur son trône. Le Prince ne fut point tout-à-fait dupe de tout cela ; mais il n’eut pas le bon esprit de profiter de la leçon tacite. Il retomba bientôt dans son vice héréditaire. Alors les états-généraux conclurent à le dépouiller tout-à-fait de sa dignité, pour laquelle il ne paraissait pas né & le condamnèrent, tout de bon, à passer le reste de ses jours au milieu du vil troupeau dont il avoit les mœurs.

MODERN APOLOGUES.

LESSON IV.

THE PIG-KEEPER KING.

In those days, a young king was inclined to dissipation, even to villainy; it was a hereditary vice. The états-généraux, natural guardians of the sovereign, who had never been emancipated from them, assembled & agreed on a means of correcting the young prince. One day, when he had abandoned himself completely to his foul penchants, and was plunged into a deep sleep, they seized his royal person; from his palace, they transported him on a litter, still sleeping, to a stable. When he awoke, the young prince could hardly believe his eyes. He didn’t know if he was still dreaming. He could no longer find his throne, his crown, his scepter, nor his mistresses to caress him, nor his valets to serve him, nor his flatterers to arouse him to new excesses. He wished to command; some shepherds, forewarned, came running at his call, & dealt with him on a footing of the most perfect equality. In vain, the prince threatened & claimed his authority. They accused him of being out of his head, & led him, despite his protestations, to watch over the most vile of the flocks. Finally, after some days of this ordeal, they seized a moment of slumber to replace him on his throne. The Prince was not altogether taken in by all this; but he did not have the good sense to profit from the tacit lesson. He soon lapsed back into his hereditary vice. Then the états-généraux to strip him entirely of his titles and honors, for which it appeared he was not born & condemned him, for good measure, to spend the rest of his days amongst the vile herd whose manners he shared.

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