Robert Lanoff, “Révoltons-nous / Let’s Rise Up!” (1909)

RÉVOLTONS-NOUS

MONOLOGUE

Paroles de LANOFF

Au travail ! Sous l’effort énorme de tes mains
La machine d’un coup vient de se mettre en train.
Travaille pauvre gueux, il te faut du courage ;
Le volant maintenant tourne presque avec rage
Produis, de ton patron triple le capital
Pour crever comme un chien sur un lit d’hôpital
Des classes maintenant sens-tu la difference ?
Pendant que tu t’esquintes, d’autres font bombance
Il est temps ouvrier que tu ouvres les veux.
Veux-tu vivre plus mal, ou veux-tu vivre mieux ?
Nous voulons t’affranchir malgré tout et quand même.
Mais réponds tout au moins à notre appel suprême
Révoltons-nous les gueux, brisons la loi d’airain !
C’est de nous qu’il dépend d’être libres demain
Désormais plus de gueux courbant leur maigre échine.
Plus de mineurs creusant leur tombeau dans la mine.
Plus de vieux en prison pour dérober du pain
Mais la paix le bonheur pour tout le genre humain.
Comprends-tu maintenant ce que nous voulons faire ?
Comprends-tu la grandeur de l’esprit libertaire
Ouvrier comprends tu que c’est le bien commun,
“La devise un pour tous, est aussi tous pour un”
Nous devions dit-on agir sans violence
Mais comment faire alors? tu gardes le silence
Veux-tu donc à jamais rester l’être oppressé
Dont se sert te patron, l’éternel exploité ?
Si tu ne le veux pas révoltons-nous en masse
Résistons quoi qu’on dise et luttons quoi qu’on fasse
Nous forgeons des fusils, nous fondons des canons,
Allons peuple debout ! et malheur aux capons.
Aux vendus, aux félons, hardi les prolétaires
Et vous verrez bientôt la fin de vos misères !

ENVOI

Il nous faut recouvrir enfin la Liberté,
Combattons dès ce jour avec ténacité
Frappons les renégats de façon magistrale
Et déclarons demain la grève générale !

Let’s Rise Up!

MONOLOGUE

Words by LANOFF

To Work! Through the enormous effort of your hands, the machine suddenly starts up. Work, poor beggar; you must be brave. The wheel now turns almost furiously. Produce! Triple your boss’ capital, but die like a dog in a hospital bed. Do you feel the difference in the classes now? While you exhaust yourself, others feast. It is time, worker, that you open your eyes. Do you want to live better or worse? We want to free ourselves, despite it all. But at least respond to our final appeal. Let’s rise up, beggars, and break the iron law!  It’s up to us to be free tomorrow. From this point forward, no more beggars bending their lean backs, no more miners digging their own tombs in the mine, no more old men in prison for stealing bread, but peace and happiness for the whole human race. Do you understand now what we want to do? Do you understand the greatness of the libertarian spirit? Worker, do you understand the common good? “The motto one for all is also all for one.” They say we should act without violence. But how to do it? You keep your silence. Do you wish to remain forever an oppressed being, serving your master, exploited eternally? If you don’t, let’s rise up en masse. Let’s resist, no matter what they say, and fight, no matter what they do. Make rifles and forge cannons. Let’s rise up, people! And woe to the cowards, the sell-outs, the traitors. Be bold, proletarians, and you will soon see the end of your misery!

ENVOI

We must finally reclaim our Liberty,
Battle from this day forward with tenacity.
To the renegades let’s deliver a resounding blow
And declare tomorrow the general strike!

[English adaptation by Shawn P. Wilbur]

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Independent scholar, translator and archivist.