E. Armand, “Eveil / Awakening” (1930)

ÉVEIL

Dix-huit mois à peine et déjà
Malicieuse, espiègle et mutine…
Que peut-il bien se passer là,
Dans cette cervelle enfantine ?
Derrière ce pur et calme front
Comme une aube qui vient d’éclore,
Quels rêves se font et défont,
S’effaçant pour renaitre encore ?

Je suis l’éveil de ce cerveau
Pétillant comme bois qui brûle,
A l’entrée d’un monde nouveau.
Dont chaque jour plus loin recule
La borne et le mystérieux.
Ses étonnements sont sans nombre
Et cependant dans ses grands yeux
C’est rarement que passe une ombre !

Enfant qui balbuties encore
Mais saisis le sens des paroles,
Fillette au souple et svelte corps,
Qu’un sourire enchante ou console,
Tandis que sous le poids croissant
D’hier, en nous tout agonise,
Tu montes, fraiche comme un chant,
Vers l’avenir gros de surprises.

E. ARMAND.

Awakening

Barely eighteen months old and already mischievous, impish, rebellious… What can be going on inside that childish brain? Behind that pure, calm brow, like a newly broken dawn, what dreams come and go, fading, only to be born again?

I am the awakening of this brain, sparkling like burning wood, at the entrance of a new world, from which the limited and the mysterious every day retreat. Her surprises are without number and yet in her big eyes a shadow rarely passes!

Child who still stammers, but grasps the meaning of words, girl with a supple and slender body, whom a smile enchants or consoles, while under the increasing weight of yesterday, everything in us is dying, you rise up, fresh as a song, towards a future full of surprises.

E. Armand.

 

E. Armand, “Éveil,” L’en dehors 9 no. 196-197 (15 Décembre 1930): 9.

[English adaptation and postcard reconstruction by Shawn P. Wilbur]

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