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E. Armand, “L’heure crépusculaire” / “The Twilight Hour” (1937)

l’heure crépusculaire Voici l’heure crépusculaire : gris est le ciel, une pluie fine tombe, il y a des résidus de neige sur la route, immense est la solitude, le jour s’achève lamentablement sans grandeur et sans gloire, et la nuit tarde à tomber, c’est à peine si deux ou trois étoiles scintillent faiblement. Quelque part un chien aboie lugubrement, Ombres frêles, de petites filles envoyées en commission hâtant le pas, se garant de la bruine comme elles le peuvent. Squelettiques et désolés, des arbres dépouillés se découpent sur l’horizon. En moi, il fait aussi clair-obscur, moitié jour et moitié nuit, […]
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E. Armand, “Tout n’est pas encore perdu / All Is Not Yet Lost” (1937)

tout n’est pas encore perdu Tout n’est pas encore perdu, amie douce, puisque nos yeux pourront voir un printemps de plus. Oui, je sais la Bête rôde, la lippe pendante, vaniteuse, hurlant, triomphante. On exécute ici on se massacre là-bas, on s’égorge plus loin. Les clans politiques se haïssent, se vouent mutuellement à l’extermination. Les temps sont durs pour les tendres et les pacifistes. La Bête ricane horriblement. Mais, vois-tu, la Nature s’insoucie de la Bête et des serviteurs de la Bête : la poussée de la sève est en avance cette année. Ecoute : un printemps nouveau, un printemps […]