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E. Armand, “Demain / Tomorrow” (1908)

Demain Quand on me dit : demain, je souris et je passe ! Car ce n’est pas demain que me pique et tracasse L’autorité. Demain c’est le refuge obscur Où s’abrite le traître ou le vendu ; le mur Qui cache on ne sait quelle action inavouable ; C’est la concession faite au sort effroyable ; Auquel veut échapper, lucide enfin, le gueux. Demain, mais c’est l’appât que jette au malheureux Affamé le prêcheur de société future Et qui l’endort. Demain, c’est la retraite sûre Où le bourgeois railleur va, se gaussant de nous, De ses écus jouir, paisible. C’est […]
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E. Armand, “Le Travail / Work” (1908)

LE TRAVAIL S’en aller, le matin, dès l’aurore, à l’usine Puis s’atteler, ainsi qu’une inerte machine A quelque ur labeur qui ne change jamais, Répéter tel un rite ennuyeux — comme un faix Ecrasant qu’on ne peut jeter bas — une lâche, La semblable toujours. Se tenir humble, lâche, Devant l’arrogant chef dont l’impérieuse voix Ordonne et qui veut être écoutée. Point de choix : Obéir ou partir. La besogne est stérile. N’importe, raisonner ici n’est point utile ; Logique, réflexion sont des dons superflus Pour produire on est là. Rien d’autre. Rien de-plus, C’est à dire enrichir un possédant […]
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E. Armand, “Réfractaires! / Refractories!” and Bizeau, “My Desires!” (1907)

RÉFRACTAIRES ! J’aime le Révolté qui ne se courbe pas, J’aime le chemineau qui préfère la route Au pain blanc, au foyer, qui s’asseoit les pieds las Sur le bord d’un fossé, dévorant une croûte Que jetterait un chien. J’aime le réfractaire Qui risque et qu’on pourchasse. O héros, nul n’écrit Vos gestes de fierté : vous passez sur la terre Méconnus et pourtant vous incarnez l’esprit. Les repus, les gens d’ordre et de relation sûre Sourient en vous voyant et fuient la haine au cœur; Leur rire est de la crainte. Ils sont la pourriture Et vous êtes le […]